Agile ou non agile, telle est la pression !

Par 15 mars 2018Management

Agile ou non agile ?
Épisode 1

Il est donc devenu indispensable d’être agile pour survivre dans le monde du travail.
Gare à celui qui ne le serait pas assez !
Allez circulez, n’entravez pas la bonne marche des travailleurs agiles et autres startupeurs !

Tout doit être agile de nos jours. C’est en tout cas ce que j’ai entendu pour : l’État, les administrations, les entreprises, les travailleurs, les demandeurs d’emploi, les contrats de travail, les projets, les crédits à la consommation, les couches culottes, et j’en oublie sûrement.

Êtes-vous agile ?

Agile ou agilité doivent faire partie des termes les plus utilisés dans le monde professionnel actuellement. C’est devenu un critère de recrutement ou d’évolution. Sans cette qualité, point de salut !

Lors d’un workshop que j’animais, une consultante en recrutement m’expliqua que ses clients lui intimaient de sélectionner des candidats agiles. Et ce quelle que soit la fonction recherchée. J’allais donc pouvoir échanger avec quelqu’un capable de me dire comment elle identifiait, puis validait cette qualité dans la mesure où elle conduisait ses missions avec succès pour ses clients.

Sans le savoir je venais de mettre cette personne dans l’embarras face au groupe. Impossible pour elle de me donner une définition de l’agilité sur laquelle elle s’appuyait pour conduire ses missions. Je vins à son secours en lui demandant la définition de ses commanditaires. Deuxième moment de solitude. Fin de ce qui aurait pu passer pour de l’acharnement.

Lors d’une de mes expériences professionnelles récentes, mon directeur général me dit lors d’un séminaire : « il est important d’être agile… Pas vrai Mathieu ? ». Puis vint une seconde remarque du même type dont je comprenais bien que la façon dont elle était énoncée signifiait que je n’étais pas totalement doté de cette qualité. Au moins à ses yeux. Aucune définition ne m’était donnée pour autant au cas où j’aurais souhaité progresser ou réfléchir à la question.

A l’époque je travaillais près de soixante dix heure par semaine, avais des déplacements toutes les semaines, des équipes juniors que je ne voyais pas assez mais que l’on me demandait de mettre sous pression, des moyens non adaptés pour conduire convenablement nos missions, pas de soutien de ma hiérarchie, quand je n’étais pas obligé de me justifier, une vie de famille inexistante et une santé psychique qui se dégradait.

Flexibilité m’a donc longtemps parut le synonyme le plus adapté à agilité. En tout cas dans la façon dont les personnes que je rencontrais en parlaient. Or je ne trouvais personne capable de me définir ce terme autrement que dans une qualité d’hyper-adaptation en temps réel dont l’objectif sous-jacent consiste à faire plus en un temps au moins égal, le top étant de le faire plus vite encore.

Êtes vous du bon côté de la force pour pouvoir travailler au 21ème siècle ?

C’est en fondant La Fabrique Humaine et en décidant de faire de l’agilité comportementale un des piliers de notre proposition de valeur que j’ai pu enfin mettre des mots porteurs de sens pour définir ce terme.

Et j’ai un scoop qui devrait en rassurer plus d’un. On n’est pas agile ou non agile !
On agit avec plus ou moins d’agilité dans un contexte donné.
C’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup.

Tout d’abord parce que chacun d’entre nous est doué de capacités à agir. Ensuite, car nous avons tous déjà expérimenté l’adaptation d’un même agissement dans des contextes différents. Avec plus ou moins de succès à l’arrivée mais que celui qui n’aurait à son actif que des victoires, ou des échecs, dans son parcours me jette la première pierre.

Ça enlève un poids non ?

En tout cas personnellement, j’ai enfin pu aborder cette « quête suprême » d’agilité comme un élément de connaissance de soi et de compréhension de mes modes de fonctionnement professionnels ou personnels. Fini le poids représenté par cet invariant génétique que l’on possèderait… ou pas.

La définition de l’agilité sur laquelle nous nous appuyons

« Face à un environnement turbulent, l’agilité est la capacité à anticiper et bouger avec justesse (mouvement, temps et moyen), de manière coordonnée (interne et externe) dans un même sens. »

L’agilité comportementale est donc l’art de développer une culture du juste mouvement prenant en compte :

  • Les spécificités de son environnement,
  • La nécessaire transmission et compréhension du sens des objectifs à atteindre,
  • La coopération de toutes les parties-prenantes,
  • Le niveau d’innovation nécessaire à la progression du système,
  • La capacité à anticiper les causes mais aussi les conséquences de ses actes.

Il n’est donc pas question d’acquérir un bac+22 en contorsions physiques et mentales mais bien de s’inscrire dans une vision systémique et pacifiste de son rapport aux autres et aux affaires.

Et c’est nullement antinomique avec la volonté de création de valeur marchande ou financière. Au contraire !

Vos comportements sont ils agiles ?

Impossible de le dire à priori sans tomber dans un jugement de valeur. Même si ce dernier est à votre avantage.
Interroger ses modes de fonctionnement dans un contexte donné est le seul moyen de prendre conscience de vos comportements agiles et de ceux qui le sont moins.

Quels sont ceux adaptés aux objectifs que vous devez atteindre générant de la performance et du bien-être ?
Quels sont ceux synonymes d’inconfort, de stress et de non performance attendue par le système ?
Qu’est ce qui influence mes façons d’agir ? Ce que je sais faire ? Ce qui est le plus important pour moi (croyances, valeurs, identité) ? Les besoins de mon environnement ?

La démarche FACE®️ comme grille de lecture de notre façon d’agir

Par cette démarche nous allons venir questionner et identifier ce qui, dans une situation donnée, vient influencer votre façon d’agir.

Nous poserons également comme préalable le fait qu’agir avec agilité est d’autant plus précieux que notre environnement d’action est complexe et turbulent.

  • F pour FAIRE : savoir-faire qui permettent à tout un chacun de réaliser des tâches, des actions précises dans ses champs de compétences.
  • C pour CONTEXTE : environnement d’action constitué de parties-prenantes spécifiques, internes et externes, ayant un impact sur les réalisations à délivrer.
  • E pour ÊTRE : savoir-être, éléments constitutifs de notre identité. Ce avec quoi il est difficile de composer ou transiger. Les valeurs, ce qui est réellement important. Ce que nous aimons, n’aimons pas.
  • A pour AGIR : façon singulière de se comporter résultant de l’influence, plus ou moins importante, de ses savoir-faire, ses savoir-être et de son contexte d’action.

Se donner les moyens de comprendre ce qui préside prioritairement lorsque nous agissons en contexte turbulent devient alors le meilleur moyen de voir si les leviers d’action que nous mobilisons sont les plus efficients pour garantir la performance attendue tout en préservant un réel confort d’exécution.

L’agilité peut donc se résumer en la capacité d’une personne à agir en mobilisant de façon équilibrée ses savoir-faire et ses qualités pour répondre aux attentes de son environnement d’action.


Communication Race : jeu d’agilité basé sur la coopération animé lors d’un séminaire d’équipe

Lors de l’épisode 2 je vous expliquerai comment nous sommes en capacité de mesurer l’agilité comportementale : individuellement ou collectivement.

Mathieu
Coach professionnel certifié (RNCP 1)
Certifié démarche Agile Profile® Development Coaching & Training